LE MUSNIER,
LE MEUSNIER |
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D'azur
à trois meuniers d'argent posés deux et un. |
La famille LE MUSNIER était d'Angoulême, et son nom apparaît très fréquemment aux XVIème et XVIIème siècles dans les minutes des notaires de cette ville. Elle acquit noblesse et fortune des différentes charges qu'elle exerça dans la magistrature et les finances. Parmi les terres que cette famille posséda, on peut citer : - Lartige (Triac-Lautrait) : du début du XVIIème siècle à 1768. - Rouffignac (Moulidars) : du 9 octobre 1602 (les 4/5ème) jusqu'aux environs de la la Révolution de 1789. - Ardenne (Moulidars) : du premier quart du XVIIème siècle au premier quart du XVIIIème siècle. - La Roque Saint-Simon (Saint-Simon) : du début du XVIIIème siècle au 16 février 1717. - La maison noble de Lhoumelet (Angoulême) : du début du XVIIème siècle au 26 septembre 1717. - Le fief de Brisebarre (Angoulême) : au début du XVIIème siècle. - Un hôtel d'habitation, paroisse du Petit Saint-Cybard (Angoulême) : aux XVIème et XVIIème siècle. - Nanteuillet (Voulgézac) : des environs de 1610 aux environs de 1681. - Moulineuf (Bourg-Charente) : de 1639 au premier quart du XVIIIème siècle. - Le château de Blanzac : de 1721 jusqu'au milieu du XVIIIème siècle. - Le château de La Rochechandry (Mouthiers sur Boëme) : de 1721 jusqu'au milieu du XVIIIème siècle. - La Vergne, paroisse de Fléac : durant la seconde moitié du XVIème, et le début du XVIIème siècle. - Champourri (Jurignac) : du 27 mai 1678 au 30 décembre 1726. |
I) LE MUSNIER François, écuyer, sieur de Fléac. Il fut qualifié de maître, greffier des cours ordinaire et présidiale d'Angoumois, ainsi que de receveur pour le roi des tailles à Cognac. D'une union inconnue, il eut pour enfant : |
II) LE MUSNIER François, né vers 1541, écuyer, seigneur de Lartige (Triac), Rouffignac (Moulidars) et la Roque Saint-Simon (Saint-Simon). En 1571, il était greffier des cours ordinaire et présidiale d'Angoumois; en 1572, pair de la Maison de Ville, en 1585, président en l'élection, et en 1592, 1593 et 1600, maire d'Angoulême, conseiller et échevin dans le temps intermédiaire. François eut une commission qui lui fut adressée par HENRI IV, roi de France, datée du 18 janvier 1592 (Simon des COUSTURES). Outre Lartige, il posséda la Rocque en Saint-Simon, la maison noble de Lhoumelet et le fief de Brisebarre à Angoulême, les seigneuries de Rouffignac et de Mosnac, etc. François acheta par contrat du 9 octobre 1602, les 4/5ème de la seigneurie de Rouffignac, de Pierre DUSSAULT et de ses cohéritiers. Son hôtel d'habitation à Angoulême était dans la paroisse du Petit Saint-Cybard, non loin de l'évêché. François épousa en premières noces, le 24 décembre 1570 à Angoulême, Madeleine de PARIS, fille de Jean de PARIS, écuyer, seigneur du Cluzeau, Magnac, Foulpougne et l'Epineuil, et de Jeanne SAVENEAU, dont il eut pour enfant :
Ils eurent plusieurs enfants, énumérés dans le testament du père du 3 décembre 1603, et dans celui de la mère du 23 septembre 1608. Par leurs testaments, François et sa femme élurent leurs sépultures dans l'église du Petit Saint-Cybard, et y fondirent des messes à perpétuité. Ils laissèrent aussi quelques sommes pour la pauvres et les hôpitaux, et également pour contribuer à la réparation de la dite église, ruinée par les Protestants. François décéda le 13 octobre 1605 à Angoulême, et fut remplacé par Charles RAOUL, en l'office de conseiller. Charlotte survécut plus de 40 ans à son mari. Le 6 mai 1646, elle donna consentement au mariage de son petit-fils Jean Louis Le MUSNIER, seigneur de Moulidars. De l'union de François et de Charlotte LAISNÉ, naquirent :
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III) LE MUSNIER Jacques, chevalier, seigneur de Rouffignac, Mosnac, Moulidars, Lartige (Triac), etc. Il fut le plus riche et le plus honoré de cette branche, et fut nommé trésorier de France au bureau de Limoges. Jacques fut nommé maire d'Angoulême à différentes fois, conseiller et échevin dans le temps intermédiaire. Il exerça la mairie les années 1609, 1610, 1614, 1615, 1616, et 1622. En 1615, il reçut à Angoulême et harangua le roi LOUIS XIII, se rendant à Bordeaux pour épouser Anne d'AUTRICHE. Il acquit en plusieurs fois ce qui faisait autrefois la seigneurie de Moulidars : - Le 25 mai 1612, Jacques acheta la seigneurie de Moulidars de Isaac MÉHÉE, seigneur de Moulidars et de Bors (demeurant en sa maison noble de Bors (de Baignes), châtellenie de Chaulx (Chevanceaux - Charente-Maritime), en Angoumois), et de Marie du NOURRIGIER, sa femme, pour la somme de 13000 livres tournois. (Reçu DESBRANDES, notaire royal à Angoulême). - Le 8 avril 1619, décret de la vente et adjudication des biens de François du NOURRIGIER, livré audit sieur LE MEUSNIER, délivré au présidial d'Angoulême (GANDOBERT - greffier). - Le 14 juillet 1619, contrat d'acquisition par Jacques LE MUSNIER, de François du NOURRIGIER, sieur de Lestang (reçu GIBAUD, notaire royal à Angoulême). - Le 12 septembre 1620, vente de la maison noble et seigneurie de la Cour de Moulidars, par Isaac LUCREAU, écuyer, sieur du Portal, demeurant au noble du Portal (Saint-Genis de Lombault, en Guyenne), époux d'Anne DEXMIER, à Jacques LE MUSNIER, pour la somme de 13000 livres tournois. (Reçu MARTIN, notaire royal à Angoulême). - Le 7 novembre 1624, vente en partie de la seigneurie de Moulidars (la Tour Blanche), par René de GIRARD, écuyer, sieur de la Tour Blanche, à Jacques LE MUSNIER, pour la somme de 8500 livres tournois. (J FLEURIOT, notaire royal à Châteauneuf). - Le 5 juillet 1625, adjudication par décret des juges présidiaux d'Angoulême, des biens ayant appartenu à Pierre et René de GIRARD, père et fils, écuyers, sieur de la Tour Blanche, Auge, et partie de Moulidars, et demoiselle Jeanne DEXMIER, mère dudit René, faite à Jacques LE MUSNIER, pour la somme de 8500 livres tournois. La première vente à l'amiable fut attaquée par quelques créanciers, et confirmée par autorité de justice. Par contrat du 16 mars 1608, reçu DESBRANDES, notaire à Angoulême, Jacques épousa Hippolyte de La PLACE, fille de Pierre de La PLACE, écuyer, seigneur de Torsac et de la Tour Garnier (Angoulême), gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi; et de Gabrielle TISON d'ARGENCE. Jacques rendit aveu et dénombrement au roi, pour ses seigneuries de Moulidars et Mosnac, le 5 mars 1620. Jacques décéda à Angoulême en 1629 et fut enterré le 24 septembre dans l'église du Petit Saint-Cybard. Pierre BARREAU, sieur de Lage, conseiller au présidial d'Angoulême, est reçu conseiller à la maison de ville à sa place. (Simon des COUSTURES). Hippolyte de La PLACE survécut très longtemps à son mari. Elle fit une transaction le 12 novembre 1633, comme tutrice de ses enfants, et un dénombrement et déclaration des domaines et héritages tenus à droit de dîme inféodée, ou exempt de dîme, dépendant de la Cour de Moulidars, de la Tour Blanche, de Lestang dudit Moulidars, et de la maison d'Ardenne (Moulidars), à Monsieur Jehan MESNEAU, doyen de l'église cathédrale d'Angoulême. Lesquelles dîmes inféodées et exemption de dîmes sur les domaines et héritages, elle avoua tenir dudit sieur doyen, à cause de la cure de Moulidars, annexée audit doyenné, au devoir d'un missel valant 6 livres, ou autre ornement d'église, à chaque mutation de seigneur de Moulidars. Les pièces de terres déclarées, étaient au nombre de 37. Plus 18 ou 20 journaux de prés, terres, bois et vignes, compris dans les renclos d'Ardenne, et y joignant, renfermé de fossés et murailles, que Hippolyte de La PLACE avait nouvellement acquis de la dame de FORGUES. Pour garder son enclos exempt de dîmes, elle céda ailleurs d'autres terres que le doyen accepta. (Dénombrement signé de J. GIBAUD, notaire royal, MESNEAU, doyen, H. de La PLACE, J. MÉHÉE, J. THOMAS). Elle décéda à Angoulême le 18 décembre 1670, et fut inhumée le lendemain dans l'église du Petit Saint-Cybard. De l'union de Jacques et d'Hippolyte de La PLACE, naquirent :
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IV) LE MUSNIER Jean Louis, chevalier, seigneur de Moulidars, d'Ardenne (de 1646 à 1691), et de Rouffignac (Moulidars). Il fut conseiller au Parlement de Paris, et eut la charge d'enseigne des gendarmes Ecossais. Jean Louis disait tenir son fief de Rouffignac, des abbés et religieux de La Couronne, à 40 sols de devoir noble chaque année, et s'engageait à en fournir dénombrement à chaque mutation de seigneur et de vassal. Ce fut lui qui, vraisemblablement, fit construire la balustrade autour de la terrasse du château d'Ardenne. Jean Louis acquit de la famille THOMAS, le fief de Saint-Simon (aussi nommé Hautemoure). Une partie de ce fief passa aussi à la famille AIGRON. Il parut ainsi dans une pièce du 30 juillet 1673, avec le titre de seigneur de Hautemoure. Jean Louis épousa en premières noces à Paris le 6 mai 1646, Marie CARTIER, fille de Claude CARTIER, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé, et d'Anne FERRY. Il vendit sa charge d'enseigne, par contrat passé à Paris le 7 janvier 1657, à Charles d'ALLOUE, IIème du nom, chevalier, seigneur des Adjots, la Thibaudière et autres lieux, pour 25000 livres. Marie CARTIER décéda à Angoulême le 24 août 1683, et fut enterrée le lendemain dans l'église du Petit Saint-Cybard. De son union avec Marie CARTIER, naquirent :
Jean Louis eut un procès contre Victor MÉLIAND, évêque de Gap, abbé commendataire de Bassac, au sujet de deux pipes de blé non payées en temps et en heure. Par une première sentence du 16 novembre 1668, il fut condamné à payer les deux pipes de blé, quitte à se pourvoir contre les meuniers de Châteauneuf. La dessus, appel sur appel et productions de titres, enfin sentence définitive du Grand Conseil à Paris, du 25 septembre 1682, par laquelle le seigneur de Moulidars dut payer aux religieux 500 livres de compromis, mais demeura déchargé à l'avenir d'une des pipes de blé, objet du procès, sauf aux religieux à se pourvoir contre qui de droit. Les choses demeurèrent en cet état et Jean-Louis paya à Bassac une pipe de 24 boisseaux de blé par an, ainsi que ses descendants jusqu'à la Révolution. Il semble que Jean Louis décéda en juin 1693, et sa veuve requerra l'inventaire de ses meubles le 17 août 1693. (Inventaire du 4 avril 1710, par ORDONNAUD, notaire royal à Sireuil : pièces inventoriée, reçue DEBRESME, notaire à Angoulême). Les biens de Jean Louis furent partagés de son vivant entre ses filles, par acte du 26 novembre 1691, lequel sépara pour toujours les deux seigneuries de Moulidars et de Rouffignac. Cet acte fut ratifié le 30 novembre suivant, au château de Rouffignac, par mesdames d'Anqueville et de Lartige, devant P. BAUDET et P. CASTAIGNE, notaires royaux). |
Branche de LARTIGE (Triac-Lautrait): |
III) LE MUSNIER Clément, fils de François, écuyer, sieur de Lartige, et de Charlotte LAISNÉ. Il fut conseiller de la Grand'Chambre au parlement de Paris. Clément fut qualifié de seigneur de Lartige (Triac), Saint-Romain (Saint-Romain de Triac, près de Jarnac), et Nanteuillet (Voulgézac), et eut la terre de la Rocque en Saint-Simon (testament de son père du 3 décembre 1603). Il acheta le fief de Moulineuf (Bourg-Charente) en 1639. Clément épousa à Paris le 10 octobre 1610, Anne BRISART. Il décéda un peu avant le 14 août 1670, à Nanteuillet, ayant eu pour enfants :
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IV) LE MUSNIER Jacques, seigneur de Nanteuillet (Voulgézac), Lartige (Triac), Raix, Saint-Romain de Triac, etc. Il fut conseiller au Parlement. Jacques épousa à Paris le 29 janvier 1646, Marie de VILLEVAULT. Tous les enfants de cette union, (sauf le second Louis), parurent dans une sentence du présidial d'Angoulême de l'an 1696, au sujet d'une saisie de la terre de Raix, opérée à défaut d'hommage, par le marquis de Ruffec, qui était alors Louis de ROUVROY, duc de Saint-Simon. Le 26 septembre 1717, il vendit à Jean NAVARRE, sieur du Cluzeau, son hôtel de Lhoumelet "confrontant la rue qui conduit des Cordeliers à la halle à droite, à la rue qui va du couvent des Cordeliers à la place du Mûrier à gauche". (Jean-Paul GAILLARD : article sur Lhoumelet à Angoulême). De son union avec Marie de VILLEVAULT, naquirent :
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V) LE MUSNIER Louis, chevalier, seigneur de Lartige (Triac).
Il épousa à Paris, par contrat du 7 mars 1685, sa cousine Catherine Le MUSNIER, seconde fille du seigneur de Moulidars, Jean Louis Le MUSNIER. Elle lui apporta par ce mariage, Rouffignac, qui passa ainsi dans la maison de Lartige. Louis décéda en janvier 1710. Un inventaire de ses meubles fut fait au château de Rouffignac, le 4 avril 1710, par ORDONNEAU, notaire royal de Sireuil. De son union avec Catherine Le MUSNIER, naquit : |
VI) LE MUSNIER Jacques Louis, chevalier, seigneur de Lartige (Triac), Raix, Rouffignac, Blanzac, La Rochechandry (Mouthier sur Boëme), etc. Il était appelé Monsieur de Lartige, et habitait le château de Triac, ainsi que celui de Rouffignac. Le 16 février 1717, il vendit (acte reçu par Pierre JEHEU, notaire à Angoulême), à Pierre NAVARRE, écuyer, sieur du Cluzeau, conseiller de la Maison de Ville d'Angoulême, et à Jean NAVARRE, son fils, conseiller au Présidial, le fief et la seigneurie de Saint-Simon, pour la somme de 9000 livres. Jacques louis épousa en 1721 Marguerite CHÉRADE, fille d'Etienne CHÉRADE, lieutenant général d'Angoumois, maire d'Angoulême de 1693 à 1708, et de Madeleine d'HUSSON. Jacques Louis décéda le 6 novembre 1749, au château de Rouffignac. Marguerite était une très riche héritière qui lui avait apporté les seigneuries de Blanzac et de La Rochechandry (Mouthiers sur Bohême). "Femme bizarre, aux gouts excentriques et aux volontés changeantes, elle habitait Angoulême, séparée de son mari qui vivait à la campagne. 10 mois après le décès de Jacques Louis, le 18 septembre 1750, elle contracta, bien que mère de 5 enfants tous adultes, un second mariage qui, pour différentes causes ne fut célébré que le 16 septembre de l'année suivante, avec Elie des RUAUX, comte de Rouffiac, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel au régiment de Rouergue. Mais dès le jour du mariage, elle le quitta pour ne jamais habiter avec lui. Elle lui fit même souscrire, chose singulière, un engagement d'honneur de la laisser vivre "à sa fantaisie", et cette fantaisie, elle voulut bien la lui payer la somme de 1000 livres de pension annuelle, outre 30000 livres qu'elle lui avait données par contrat de mariage. Entre temps, et sans sortir de chez elle, elle trouvait moyen de dissiper une grande fortune, d'engager ou de détériorer les plus belles terres de son patrimoine. Devenue veuve encore en novembre 1768, âgée de 69 ans, elle songea à se marier une troisième fois et à partir pour Paris. C'est alors que ses enfants et petits-enfants, après avoir longtemps souffert ses ruineux caprices, adressèrent au sénéchal d'Angoumois, une requête collective aux fins de faire prononcer son interdiction, ce qui eu lieu probablement". Marguerite CHÉRADE décéda en 1775. De l'union de Jacques louis et de Marguerite CHÉRADE, naquirent :
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VII) LE MUSNIER Louis, chevalier, seigneur de Raix, Rouffignac, baron de Blanzac, la Rochechandry (Mouthiers), etc., connu sous le nom de Monsieur de Raix. Il acquit en 1746 la charge de lieutenant général qu'avait possédé son oncle et son aïeul, MM CHÉRADE de MONTBRON, et la garda jusqu'à la Révolution. Vers 1768, Louis vendit Triac à Abraham BONNIOT, chevalier, seigneur de Fleurac, Salignac et autres lieux. Le 18 mars 1789, Louis présida l'assemblée du Tiers, tenue à Angoulême, pour l'élection des députés de l'ordre aux Etats Généraux, ainsi que d'autres assemblées ayant trait au même ordre. Retiré des affaires, il résida souvent au château de Rouffignac. Louis décéda à Angoulême le 9 avril 1807, âgé de 81 ans. Comme il n'avait pas été marié, son héritage passa à ses neveux. |
- Charles d'HOZIER : Armorial général de la France - Généralités de Limoges, La Rochelle et Poitiers. - Abbé TRICOIRE : Le château d'Ardenne et la seigneurie de Moulidars, en Angoumois. - Jean-Paul GAILLARD : article sur l'hôtel de Lhoumelet à Angoulême, paru dans Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente : Librairies Bruno SÉPULCHRE. - Gérard VIGIER et Patrice SÉPULCHRE : article sur le château d'Horte (Grassac), paru dans Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente : Librairies Bruno SÉPULCHRE. - Simon des COUSTURES : Nobiliaire de la Généralité de Limoges. |