Rouvroy de Saint-Simon
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Ancienne famille noble française, de Picardie, dont la
filiation est authentiquement établie depuis Mathieu Le Borgne, qui vivait
au commencement du XIVème siècle. Mathieu de Rouvroy épousa
en 1377 Marguerite, dame de Saint-Simon, qui lui apporta la seigneurie de ce
nom. Après ce mariage, les Rouvroy accolèrent le nom de Saint-Simon
au leur.
Les Rouvroy ne se rattachaient nullement, comme le prétend Saint-Simon
(Louis de Rouvroy), aux Saint-Simon, seigneur de Vermandois, alliés à
Eudes de Vermandois, issu lui-même de Charlemagne.
Le blason à l'écartelé décrit ci-dessus représente
donc une prétention de filiation non fondée vers une autre illustre
famille.
Extraction chevaleresque de 1334, honneurs de la cour.
Branche de Rasse éteinte en 1755 avec le mémorialiste Louis de
Rouvroy de Saint-Simon.
- Claude de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
marquis de Ruffec (né en 1606, décédé en 1693).
Page et favori de Louis XIII, il fut successivement nommé premier écuyer,
puis capitaine des châteaux de Saint-Germain et de Versailles, grand louvetier,
premier gentilhomme de la Chambre, et enfin, gouverneur de Meulan et de Blaye
(1630). Il fut créé duc et paire en 1635. Disgracié en
1636, à cause de Richelieu, il se retira dans son gouvernement de Blaye.
Il reparut à la cour en 1643, se démit de la charge de grand louvetier,
cèda aussi sa capitainerie de Saint-Germain et de Versailles, et vendit
sa charge de premier écuyer (1645). Pendant la Fronde, il se prononça
pour la cause royale, et joua un rôle important dans les évênements
de Guyenne.
Il épousa en premières noces Diane de Budos, et en eut une fille,
mariée au duc de Brissac. Elle mourut sans enfants en 1684, et institua
son demi-frère Louis de Rouvroy, son légataire universel. Il se
remaria en secondes noces en 1672 avec Charlotte de l'Aubespine, fille de François,
marquis de Ruffec. Il avait 68 ans lors de la naissance de son fils Louis.
- Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
marquis de Ruffec.
Il naquit dans la nuit du 15 au 16 janvier 1675. Il mourut en 1755.
Présenté à Louis XIV en 1691, il entra dans la compagnie
des mousquetaires gris et fit ses premières armes au siège de
Namur (1692). L'année suivante, à la mort de son père,
Louis XIV lui laissa les gouvernements de Blaye, de Senlis, et de Pont-Sainte-Maxence.
Il l'autorisa aussi à acheter une compagnie dans le régiment de
cavalerie de Royal-Roussillon, à la tête de laquelle il se distingua
à la bataille de Neerwinden (1693). En 1694, il acheta un régiment
de cavalerie et fit campagne en Allemagne sous les ordres du maréchal
de Lorges, dont il épousa la fille le 8 avril 1695. Devenu mâtre
de camp, mais trouvant que son avancement n'était pas assez rapide, il
donna sa démission en 1702, et dès lors vécut à
la cour dans une semi-disgrâce.
Il passa son temps à étudier les intrigues de la cour. Il vécut
surtout dans l'intimité du duc de Beauvilliers, et de la petite cour
du duc de Bourgogne, où l'on escomptait déjà le règne
futur du prince, et où l'on élaborait des plans de réforme.
Parmi les écrits inédits de Saint-Simon, il y en a un intitulé
: "Projet de gouvernement de monseigneur le duc de Bourgogne."
Le régime qu'il préconise est purement aristocratique : c'est
à la noblesse qu'appartient la direction centrale des affaires, par les
conseils, l'administration des provinces, le commandement des armées.
Mais il fait des états généraux, d'ailleurs réduit
à un rôle consultatif, un rouage nécéssaire du gouvernement.
la mort du duc de Bourgogne en 1712, anéantit ses espérances.
Le duc d'Orléans, dont il était depuis longtemps l'ami, le nomma
en 1715 membre du conseil de régence, et c'est à cette instigation
qu'il organisa les "conseils", composés de membres de la haute
noblesse, et qui remplaçaient les conseils d'Etats. Ce système
fut d'ailleurs promptement abandonné. En 1721, il fut nommé ambassadeur
extraordinaire à Madrid, pour l'affaire des mariages espagnols.
Après la mort du Régent, il vécut dans la retraite, surtout
dans son château de La Ferté, non loin de Chartres. Ses derniers
jours furent attristés par la mort de sa femme, et par celle de ses deux
fils. Sa grande occupation fut d'écrire ses Mémoires.
A sa mort (le 2 mars 1754), ses manuscrit se composaient de 123 volumes, qui
furent saisis comme papiers d'Etat et transférés aux archives
du ministère des affaires étrangères. Parmi ses écrits,
on a publié : Louis XIII et Richelieu, Mémoires remis
au Régent pour le détourner de faire des ducs, Lettres
et dépêches sur l'ambassade d'Espagne, Tableau de la cour
d'Espagne en 1721, ainsi que Les Mémoires sur le rêgne de
Louis XIV et de la Régence.
Il eut trois enfants :
1) Charlotte, née le 8 septembre 1696. Elle fut l'épouse de Louis-Antoine
d'Alsace, prince de Chimay
2) le fils aîné, né le 29 mai 1698, gouverneur de Blaye,
vidame de Chartres. En 1716, il fut atteint à Paris de la variole. Il
se maria peu après avec la fille du duc de Guiche. En 1717, son père
lui acheta un régiment, mais souffrant toujours de la variole, il décéda
cette même année. Il eut de son mariage Marie-Christine-Chrétienne,
qui suit
3) Armand-Jean de Saint-Simon, né
le 12 août 1699. Il eut le gouvernement de Senlis. Il fut aussi atteint
de la variole la même année que son frère aîné,
et eut aussi un régiment acheté par son père. Son père
demanda ensuite au Régent de se démettre de sa pairie en sa faveur,
ce qui lui fit prendre le titre de duc de Ruffec. Il épousa Jeanne-Louise
Bouyer d'Angervilliers. Il mourut le 20 mai 1754, sans enfants.
- Marie-Christine-Chrétienne de Saint-Simon,
comtesse de Valentinois par son mariage. Elle était légataire
universel de son oncle le duc de Ruffec, par testament olographe fait à
Angervilliers, le 20 mai 1752. Après de longues et nombreuses procédures,
elle vendit, le 6 décembre 1763, avec son mari et la princesse de Chimay,
la terre, seigneurie et marquisat de Ruffec à Charles-François,
comte de Broglie, et à Louise-Auguste de Montmorency.
On trouve aussi, apparenté aux Rouvroy de Saint-Simon,
de la famille de Saint-Simon Sandricourt :
- Louis-Claude, comte de Saint-Simon. Il eut un long procès concernant
une succession, et hérita de la seigneurie de La Faye en Deviat. Il avait
épousé en 1713 Jeanne du Souchet, qui lui avait apporté
l'hôtel que la famille du Souchet avait fait bâtir à Angoulême
à l'époque de la Renaissance. (Appelé aujourd'hui "l'hôtel
Saint-Simon", c'est l'un des monuments les plus remarquables d'Angoulême.)
- Claude-Anne, marquis de Saint-Simon, né au château de la Faye
( Deviat ), en 1743 et mort à Madrid en 1819. Il fut député
de la noblesse d'Angoumois en 1789, et émigra en Espagne à la
Révolution, où il devint maréchal de camp en 1793, puis
lieutenant-général et capitaine-général de la Vieille
Castille en 1796.
- Henri-Jean-Victor de Rouvroy, marquis, puis duc de Saint-Simon, général
français, né aux Doussets (Charente) en 1782, mort à Paris
en 1865. C'est à lui que Louis XVIII rendit les manuscrits authentiques
des Mémoires de Louis de Saint-Simon.
- Larousse 1906.
- Bruno Sépulchre : Châteaux, logis et demeures anciennes de la
Charente.
- Eric Percy-Marinier : Histoire et généalogie de la maison de
Regnauld de la Soudière.
- Louis Picat : Ruffec, son histoire.